Adolescente poignardée en France – «J’ai dû lui dire au moins quatre fois de venir avec moi»

Publié18 mai 2021, 19:46

La maman de Marjorie, jeune fille de 17 ans tuée par un ado de 14 ans vendredi près de Paris, évoque ses derniers souvenirs avec son enfant. Elle l’avait croisée en bas de leur domicile juste avant le drame.

Sa fille est morte sous ses yeux. Vendredi à Ivry-sur-Seine (région parisienne), Odil Gentil se rendait à un rendez-vous médical quand cette mère de cinq enfants a appris «qu’il y avait un souci» avec l’une de ses filles. Marjorie, 17 ans, venait d’être poignardée en plein cœur par un adolescent de 14 ans qui était en conflit avec sa petite sœur. «Quand je suis arrivée sur les lieux, elle était allongée par terre, avec les pompiers qui essayaient de la réanimer. Mais ils n’ont pas réussi. Ils n’ont pas réussi», confie Odil à BFM TV.

La mère de famille se souvient qu’avant le drame, vers 14h, Marjorie était passée la voir pour s’assurer qu’elle n’oublie pas son rendez-vous. Elle a recroisé sa fille au moment de partir, en bas de leur immeuble. «Elle m’a dit: «Tu vas où ma vieille?» C’est comme ça qu’elle m’appelait pour me taquiner», raconte Odil. «J’ai dû lui dire au moins quatre fois «viens avec moi», mais elle m’a dit «non, non maman (…) je monte à la maison», témoigne la femme endeuillée.

Très digne, d’une voix calme, Odil interpelle les parents de l’auteur des coups fatals – un adolescent de 14 ans qu’elle ne connaît pas – et les exhorte à prendre leurs responsabilités. «C’est à nous de faire l’éducation de nos enfants. De leur montrer les valeurs, de leur montrer tout ce qui pourrait leur servir plus tard», estime-t-elle. La maman de Marjorie ajoute: «On dirait qu’aujourd’hui, certains parents baissent les bras. (…) J’ai 5 enfants, mais (…) j’ai toujours essayé de leur inculquer des valeurs strictes: les études d’abord. (…) Je me suis toujours battue pour ça: l’éducation et le respect», explique-t-elle.

Odil dénonce le fait que l’adolescent ait pu se retrouver en possession d’une arme: «On a tous des soucis, des différends, on n’est pas obligé d’aimer untel (…) Utiliser les armes, non. Tuer les gens volontairement, gratuitement, je ne comprends pas. C’est ça que je condamne», soupire-t-elle. Arrêté vendredi soir, l’auteur des coups de couteau a été placé en détention provisoire dimanche.

(joc)

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