Condamné à mort, il appelle le gouverneur à la clémence dans une vidéo

Un centre pénitenciaire aux Etats-Unis. — Michael Conroy

Le gouverneur entendra-t-il son appel ? Quintin Jones, Afro-américain de 41 ans, doit être exécuté ce mercredi soir dans l’
Etat du Texas. Et peu avant cette date, le condamné a tenté d’obtenir la clémence de Greg Abbott dans une vidéo. Dans ce film de quatre minutes, tourné au parloir et
mis en ligne par le New York Times, Quintin Jones s’adresse directement à l’élu républicain pour lui demander de commuer sa peine en rétention à la perpétuité.

« J’ai tué quelqu’un il y a plus de vingt ans », reconnaît cet homme qui, en 1999, a battu à mort sa grande-tante, âgée de 83 ans, avec une batte de baseball, avant de lui voler 30 dollars pour acheter de la drogue. Mais « je ne suis plus la même personne, je suis devenu un homme dans les couloirs de la mort », plaide-t-il, avant d’ajouter, en fixant la caméra : « Monsieur le gouverneur, si vous pouviez trouver dans votre cœur de quoi m’accorder votre clémence, je pourrais continuer à vivre pour m’améliorer. »

Une pétition lancée

En parallèle, ses défenseurs, parmi lesquels figurent la sœur de sa victime mais aussi l’actrice Sarah Paulson, ont mis en ligne une pétition adressée, elle aussi, au gouverneur de cet Etat du Sud et qui avait recueilli plus de 160.000 signatures mercredi matin. Greg Abbott, qui n’a accordé sa clémence qu’à un seul condamné à mort en six ans, n’avait pas réagi mercredi matin.

Les avocats de Quintin Jones ont adressé un ultime recours à la Cour suprême des Etats-Unis pour tenter d’obtenir un sursis. Ils soutiennent notamment que leur client souffre d’un « handicap intellectuel » ce qui le rend, selon eux, inéligible à la peine de mort. Si ces efforts échouent, il recevra une injection létale dans le pénitencier de Huntsville en fin de journée.

Une première depuis l’accession de Biden au pouvoir

Aucune exécution n’a eu lieu aux Etats-Unis depuis l’accession à la présidence du démocrate Joe Biden, un opposant à la peine capitale. Même les Etats les plus répressifs, comme le Texas, ont à de rares exceptions renoncé à cette pratique depuis le début de la pandémie.

A contre-courant, l’administration de son prédécesseur républicain Donald Trump avait renoué en juillet 2020 avec les exécutions fédérales et procédé à un nombre record (13) d’injections létales jusqu’aux derniers jours de sa présidence.

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