L’Europe va s’ouvrir aux touristes vaccinés – Libération

Un pass vaccinal international. Les Etats européens pourront accueillir des touristes non européens s’ils ont reçu les doses nécessaires de vaccins anti-Covid autorisés au niveau du continent. A l’approche de la saison touristique estivale, les ambassadeurs des Vingt-Sept ont approuvé mercredi cette recommandation proposée par la Commission européenne, qui n’a toutefois pas d’application contraignante pour les Etats.

Accord sur les frontières extérieures

L’Union européenne tente de coordonner ses mesures aux frontières extérieures, étant donné leurs conséquences sur la libre circulation au sein du bloc. L’UE a fermé ses frontières extérieures en mars 2020 pour les voyages «non essentiels» et établi à partir de juin une liste restreinte, révisée régulièrement, de pays tiers dont les résidents – vaccinés ou non – peuvent entrer dans l’Union.

Les représentants des Etats membres ont aussi accepté d’assouplir le critère du taux d’incidence du virus pris en compte pour élaborer cette liste. Le taux est relevé de 25 à 75 cas pour 100 000 habitants sur les quatorze derniers jours. A noter que plusieurs pays européens, dont la France, sont encore bien au-dessus de ce seuil.

Actuellement, les résidents de sept pays (Australie, Nouvelle-Zélande, Rwanda, Singapour, Corée du Sud, Thaïlande et Israël) peuvent venir en Europe. Cette liste devrait significativement s’allonger en conséquence. La Chine pourrait en faire partie si elle autorisait, de son côté, les Européens à se rendre sur son sol.

Parallèlement, les Etats membres se sont mis d’accord pour mettre en place un mécanisme d’urgence coordonné pour suspendre rapidement les arrivées d’un pays tiers, en cas de détérioration de la situation sanitaire due à l’apparition de variants.

Négociations pour la circulation intérieure

L’harmonisation du pass sanitaire européen, par contre, met plus de temps à se mettre en place. Les négociations entre les eurodéputés et les Etats membres sur le certificat sanitaire européen n’ont toujours pas abouti sur un accord. Une troisième séance de discussions s’est achevée mardi soir, sans succès. Le temps presse pour mettre en place ce système harmonisé, qui vise à faciliter les déplacements dans l’UE en vue de l’été.

Ce pass sanitaire européen s’adresse aux personnes pouvant attester d’une vaccination contre le Covid-19, d’un test négatif ou d’une immunité après une infection. L’un des points de débat concerne la gratuité des tests, une mesure à laquelle certains Etats membres sont opposés en raison du coût qu’elle représente pour leurs finances publiques.

Les eurodéputés ont donc proposé de recourir à un financement européen, «l’instrument d’aide d’urgence», et de consacrer une «somme substantielle» pour garantir aux citoyens des tests accessibles gratuitement, selon un communiqué du Parlement européen. Cet instrument a déjà été utilisé dans le cadre de la pandémie pour l’achat de vaccins, notamment.

Autre point de discussion : le pass sanitaire doit-il permettre de s’affranchir d’une quarantaine aux frontières ? Les Etats membres ne veulent pas lâcher cette compétence nationale, notamment en cas d’apparition d’un variant.

Vers des mesures en ordre dispersé

Une nouvelle séance de tractations est prévue jeudi sur ce certificat européen. La situation devient urgente, alors que plusieurs pays ont déjà commencé à mettre en place leurs propres pass sanitaires. Le certificat sanitaire européen figure au menu du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement prévu lundi et mardi à Bruxelles. Un éventuel accord devra ensuite être formellement approuvé par le Parlement, dont la séance plénière est prévue du 7 au 10 juin à Strasbourg.

Les Etats membres ont menacé d’introduire ce certificat par le biais d’une simple recommandation, non contraignante. Contrairement à la législation proposée, celle-ci ne nécessiterait pas l’approbation du Parlement.

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