La Turquie juge « inacceptables » les accusations américaines d’antisémitisme envers Erdogan

Dans un communiqué, Washington accuse le président turc Recep Tayyip Erdogan d’avoir tenu des propos antisémites à la suite des frappes d’Israël dans la bande de Gaza. — Mustafa Kamaci/AP/SIPA

Le conflit entre l’Israël et la Palestine pourrait bien avoir pour conséquence d’envenimer les relations entre la Turquie et les Etats-Unis, tous deux membres de l’Otan. Ce mercredi la communication de la présidence a rejeté les accusations de Washington selon lesquelles le président 
Recep Tayyip Erdogan aurait tenu des propos « antisémites » à la suite des frappes d’Israël dans la bande de Gaza. « Le communiqué américain à propos des remarques de notre président Erdogan sur les violences israéliennes envers les civils palestiniens est absolument inacceptable », a tweeté le directeur de la communication Fahrettin Altun.

Mardi, le département d’Etat américain a vivement dénoncé des propos de Recep Tayyip Erdogan jugés «antisémites » et appelé à éviter des « remarques incendiaires qui pourraient inciter à encore plus de violence » au Proche-Orient. « Les Etats-Unis condamnent fermement les récents propos antisémites du président Ergodan à l’égard du peuple juif », écrit Ned Price, porte-parole du département d’Etat dans un communiqué.

« Il n’y a que sucer le sang qui les assouvit ».

Recep Tayyip Erdogan, issu de l’islam politique, s’est érigé en défenseur de la cause palestinienne durant ses dix-huit ans au pouvoir comme Premier ministre ou président et a accusé Israël de « terrorisme » envers les Palestiniens.

Lundi, il s’en est pris avec virulence aux dirigeants israéliens pour les frappes engagées depuis le 10 mai dans la bande de Gaza. « Ce sont des meurtriers, à tel point qu’ils tuent des enfants âgés de cinq ou six ans », a-t-il dit, ajoutant : « il n’y a que sucer le sang qui les assouvit ».

« Un communiqué lâche pour détourner l’attention internationale »

Recep Tayyip Erdogan est intervenu plus tard dans la journée de mercredi pour défendre ses propos et promettre de « crier le plus fort possible à chaque fois que nous voyons de la cruauté ». « S’il faut payer un prix pour (…) défendre les innocents, nous n’hésiterons jamais à le payer », a-t-il déclaré dans un discours télévisé.

Fahrettin Altun a qualifié d’« odieuses » les accusations d’antisémitisme envers le président Erdogan. « Il s’agit d’un communiqué lâche pour détourner l’attention internationale des crimes d’Israël contre l’humanité », a-t-il assuré. « Accuser notre président d’antisémitisme procède d’une approche illogique et fausse. C’est un mensonge proféré contre notre président », avait auparavant tweeté Omer Celik, porte-parole de l’AKP, le Parti de la justice et du développement (islamo-conservateur) au pouvoir.

Biden accusé d’avoir « les mains ensanglantées »

Après une année de vifs différends, Recep Tayyip Erdogan a tenté ces derniers mois d’améliorer les relations avec Washington et de tendre la main aux autres alliés occidentaux. Mais lundi, il a également reproché au président américain Joe Biden son soutien diplomatique à Israël, l’accusant d’avoir « les mains ensanglantées ».

Recep Tayyip Erdogan a lancé une campagne diplomatique pour imposer des sanctions à Israël, dont l’offensive aérienne sur la bande de Gaza a tué au moins 219 personnes depuis le 10 mai.

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