Genève – Le Parlement élit le plus jeune président de son histoire

Publié21 mai 2021, 08:11

A seulement 27 ans, le socialiste Diego Esteban devient le premier citoyen du canton de Genève.

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Valentin Emery / Léman Bleu

Diego Esteban, le nouveau président du Grand Conseil genevois.

Léman Bleu

«Je mesure l’importance des responsabilités qui m’échoient.» Un ton sobre, posé, pour son premier discours à la tête du Parlement genevois. A 27 ans, Diego Esteban est devenu jeudi soir le plus jeune président de l’histoire du Grand Conseil. Un record détenu jusque-là par Pascal Pétroz, ancien député du parti démocrate-chrétien (PDC), qui avait présidé l’assemblée en 2003, alors âgé de 32 ans.

Au-delà de l’âge du nouveau premier citoyen du canton, la fulgurance de son parcours politique étonne. Né à Genève, d’un père américain d’origine cubaine et d’une mère britannique, il n’a acquis la nationalité suisse qu’en 2015. «J’ai passé toute ma vie ici. Genevois je l’ai été, je le suis, et je le serai toujours», a insisté l’élu socialiste.

«A l’époque, certains me regardaient bizarrement»

Véritable passionné de politique, Diego Esteban n’a pas attendu d’avoir le passeport à croix blanche pour participer à la vie citoyenne. A l’automne 2012, à peine majeur, il suit avec assiduité les séances du Grand Conseil depuis les gradins réservés au public. «A l’époque, certains députés me regardaient bizarrement. C’était inhabituel de voir un jeune suivre autant les débats du Parlement», rigole aujourd’hui le Thônésien.

Quelques mois plus tard, il décide de s’engager au sein du parti socialiste, et copréside immédiatement la section des Trois-Chênes. En parallèle, il fonde avec d’autres passionnés le Parlement des jeunes genevois. Elu en 2018 au Grand Conseil, il compte bien aujourd’hui attirer les gens de sa génération vers les instances décisionnelles. «Même si les moins de 30 ans y sont sous-représentés, la politique n’est pas un monde à part, fermé à la jeunesse», veut croire Diego Esteban.

Un PDC et une PLR à ses côtés

Elu par 64 voix sur les 96 bulletins distribués, le nouveau président aura la lourde tâche d’inaugurer la nouvelle salle du Parlement genevois, vraisemblablement à la fin de l’année. Le Grand Conseil retrouvera alors son site historique à l’hôtel-de-ville, en travaux depuis 2018.

Le socialiste sera épaulé par Jean-Luc Forni (PDC, premier vice-président) et Céline Zuber-Roy (PLR, deuxième vice-présidente). Diego Esteban succède à l’écologiste François Lefort, respectant ainsi le tournus annuel entre partis.

Les députés genevois veulent des protections hygiéniques (tampons et serviettes notamment) en libre accès dans les toilettes des établissements scolaires publics. Ils ont accepté jeudi soir une motion de la gauche en ce sens. «Ces produits permettent de satisfaire un besoin d’hygiène élémentaire. Il s’agit d’une question de santé publique, d’égalité femme-homme et de justice sociale», a plaidé le socialiste Sylvain Thévoz. Une partie de la droite s’y est opposée, mettant en avant «le coût conséquent» de la mesure, alors qu’il s’agit d’une question de «responsabilité individuelle». Pour la députée PLR, Véronique Kämpfen, cette motion «donne l’image des femmes incapables de se responsabiliser. Laisser entendre qu’elles ont besoin d’aide pour gérer leurs règles est infantilisant et paternaliste.»

«Personne ne remettrait en question la mise à disposition gratuite du papier toilette dans les bâtiments publics. Personne ne dirait qu’il s’agit de responsabilité individuelle. Or, pour la moitié de la population, les protections hygiéniques sont un bien de première nécessité», a rétorqué l’élue Verte Alessandra Oriolo. Prévue initialement pour tous les bâtiments de l’Etat et des établissements publics autonomes, la motion a été limitée aux établissements scolaires (primaire, secondaire I et II) par un amendement déposé par le PDC. Au final, le texte a été accepté par une large majorité des députés (55 voix contre 37 et une abstention).

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