Votations fédérales – Des pesticides aux assiettes: deux votes qui échauffent les esprits

Publié21 mai 2021, 07:50

Les deux initiatives qui proposent de bannir les produits phytosanitaires divisent villes et campagnes. Explications autour de deux textes qui pourraient bouleverser notre façon de nous alimenter.

Au moment de remplir son bulletin de vote, à la ligne des deux initiatives «pour une Suisse sans pesticides de synthèse» et «pour une eau potable propre», le citoyen est tiraillé entre deux dangers tout aussi inquiétants qui le menacent, décrits respectivement par les partisans et les opposants à ces deux textes.

D’un côté, le camp du oui relève que la science met en garde contre l’usage des pesticides, qui sont liés à l’apparition de cancers et une baisse de fertilité. Ces produits causent des dommages graves à la biodiversité et à la fertilité des sols, qui risquent de diminuer la capacité de production de nos terres à long terme. Pour ces raisons, une initiative demande l’interdiction de tous pesticides de synthèse d’ici dix ans; l’autre demande que les importantes subventions agricoles versées par la Confédération soient réservées aux producteurs qui se passent de ces produits. C’est la seule façon d’assurer un avenir sain aux générations futures et à leur territoire, estiment les partisans des deux textes, soit le centre gauche et de nombreuses associations écologistes.

Deux visions de l’alimentation

En face, la droite et le monde de l’agriculture s’élèvent pour rappeler à quel point les pesticides sont essentiels dans la production agricole actuelle: sans ces produits, insectes et maladies auraient raison d’une grande partie des cultures. Pour compenser les pertes, il faudrait alors importer des denrées alimentaires en grande quantité, ce qui ne résulterait pas en un bienfait pour l’environnement. Les défenseurs du 2xnon estiment que les règles en vigueur protègent déjà la santé des consommateurs et des cultivateurs, et rappellent que des politiques fédérales agissent déjà pour réduire les risques d’utilisation de ces produits.

Derrière les produits, c’est deux visions de la production de notre subsistance qui s’affrontent. On retrouve en effet des agriculteurs dans les deux camps, les méthodes traditionnelles faisant face aux nouvelles façons de penser l’alimentation, avec moins de bétail à viande et moins de monocultures menées à l’artillerie lourde. Pour les uns, c’est la seule façon d’assurer une agriculture viable à long terme; pour les autres, c’est courir à la catastrophe à court terme.

A ce stade de la campagne, les sondages penchent vers un maintien de la situation actuelle par un double non. Mais ce sujet très sensible n’a pas fini de faire débat. Résultat dans les urnes le 13 juin.

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