Luxembourg : du sursis pour le consommateur de pédopornographie

Steve consomme de la pornographie depuis qu’il est en âge d’en louer à la vidéothèque. Une addiction de plus en plus forte qui l’a mené face à la justice.

En cherchant des contenus pornographiques en ligne, l’homme est tombé sur des images pédopornographiques en 2015. D’abord choqué, il n’aurait pas résisté bien longtemps à retourner les regarder malgré le sentiment de culpabilité qui l’animait. Les contenus sont devenus de plus en plus suggestifs. Steve visionnait ces images à son domicile et sur son lieu de travail où il dit s’être ennuyé, pendant en moyenne quatre heures par jour de deux à trois fois par semaine… Mais «le besoin devenait de plus en plus important, je ne contrôlais plus rien. J’en ai encore parfois envie», a-t-il indiqué à la barre de la 13e chambre correctionnelle il y a deux semaines.

Cette dernière l’a condamné jeudi à 18 mois de prison assortis d’un sursis probatoire d’une durée de 5 ans avec obligation de traitement. Il est également condamné à une interdiction de pratiquer des activités et loisirs impliquant des mineurs pour une durée de 10 ans.

En juillet 2018, une de ses collègues tombe par hasard sur quatre images pédopornographiques sur un serveur informatique commun au service dans lequel il travaillait. Tout s’enchaîne. Depuis, il suit un traitement médicamenteux et une psychothérapie. La condition, selon un expert psychiatre cité à témoigner, pour qu’il n’y ait pas de récidive ou de passage à l’acte. Son avocat avait demandé une peine de prison la plus basse possible étant donné l’absence d’antécédents judiciaires de son client, assortie d’un sursis simple ou probatoire.    

La représentante du parquet avait estimé que «la pédopornographie reste une infraction grave» et souligné le besoin de Steve, aujourd’hui encore, malgré son traitement, de visionner de telles images. Le parquet avait requis une peine d’emprisonnement de 18 mois assortie d’une amende. Elle s’était opposée à un sursis simple mais pas à un sursis probatoire assorti de la poursuite de son traitement.

Sophie Kieffer

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