A Bordeaux, le virus mute et un cluster se forme – Libération

C’est un variant mutant très rare, plus transmissible mais pas plus dangereux. Les spécialistes le connaissaient déjà sur le territoire national mais jamais sous la forme d’un cluster. Près d’une cinquantaine de personnes ont été contaminées ces derniers jours par une forme de Covid-19 dans le quartier de Bacalan à Bordeaux. Et plus de 200 personnes ont participé à une opération de dépistage massive mise en place depuis vendredi.

Interrogé ce samedi sur BFM TV, le directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) de la Nouvelle-Aquitaine, Benoît Elleboode, s’est voulu rassurant : il n’y a «pas d’inquiétude sur sa gravité clinique à ce stade». «C’est sur la base du variant britannique, c’est une mutation qui laisse penser qu’il serait beaucoup plus transmissible. Qui laisse penser parce qu’on ne l’a pas encore démontré mais la nature de la mutation qui a été détectée le laisse penser fortement», a-t-il insisté.

«Tous les gens qui ont été testés et reconnus positifs sont plutôt des jeunes qui ne sont pas hospitalisés, qui ne font pas de formes graves, et si ce sont des jeunes, cela laisse penser que les plus âgés qui sont vaccinés ont été protégés de ce variant», a insisté Benoît Elleboode.

Tous les habitants majeurs du quartier vont pouvoir être rapidement vaccinés, a expliqué l’ARS. Alors que le dépistage massif a commencé, les autorités sanitaires ont demandé «d’anticiper la vaccination des plus de 18 ans sans conditions» à Bacalan et dans les quartiers limitrophes. «Si possible dans le week-end ou au pire en début de semaine prochaine», a expliqué Patrick Dehail, le conseiller médical et scientifique de l’ARS Nouvelle-Aquitaine.

Des Bordelais «relativement naïfs par rapport au virus»

Le virus semble s’être propagé au début du mois de mai notamment à l’école Charles-Martin, avec dix enfants testés positifs. Par mesure de précaution, l’établissement a été fermé. Il devrait rouvrir ses portes mardi après le week-end de la Pentecôte.

«Nous ne sommes pas inquiets et la population n’a pas de raison de l’être mais c’est l’occasion de rappeler que le virus circule toujours et qu’il ne faut pas considérer la levée des restrictions comme un retour à la vie d’avant sans limites», a mis en garde Patrick Dehail. D’autant que selon lui, «la population bordelaise est relativement naïve par rapport au virus», dans une région «relativement épargnée» et où «l’immunité collective est pour l’instant très faible».

A ce stade, cinq variants sont classés comme «variants préoccupants» en France, selon l’agence sanitaire : les variants anglais, sud-africain, brésilien, indien et celui détecté à Bordeaux. La liste des «variants préoccupants» peut varier selon les pays en fonction de la situation locale.

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