Le Bélarus affirme avoir agi dans la légalité en interceptant le vol de Ryanair

Le Bélarus a assuré lundi avoir agi dans la légalité en interceptant un vol commercial après une alerte à la bombe, rejetant les accusations des Européens qui suspectent Minsk d’avoir détourné l’avion pour arrêter un opposant à bord.

«Il n’y a aucun doute que les actions de nos organes compétents étaient en conformité avec les règles internationales», a indiqué le ministère des Affaires étrangères sur son site, rejetant les «accusations sans fondement» de pays européens, accusés de politiser l’incident.

«C’est du point de vue de la sécurité (…) qu’il faut regarder cet incident», a-t-il indiqué, en référence à l’alerte à la bombe qui a conduit à l’atterrissage à Minsk dimanche du vol Ryanair reliant la Grèce à la Lituanie, deux pays de l’UE.

Les Occidentaux et les détracteurs du régime d’Alexandre Loukachenko ont eux estimé qu’il s’agissait d’un détournement d’avion, certains parlant même de «terrorisme d’État», destiné à arrêter Roman Protassevitch, 26 ans, ancien rédacteur en chef de l’influent média d’opposition bélarusse Nexta.

L’avion avait été intercepté juste avant d’entrer dans l’espace aérien lituanien par l’armée de l’air bélarusse sur ordre du président Alexandre Loukachenko, arguant d’une alerte à la bombe qui selon Minsk s’est révélée mensongère.

L’opposant, considéré comme un «terroriste» par les autorités du Bélarus a été interpellé à l’aéroport de la capitale bélarusse.

Répondant aux accusations «de certains pays et structures européennes», la diplomatie bélarusse a dénoncé «l’empressement de (ces) déclarations ouvertement hostiles».

«Il y a une volonté de politiser, on entend des accusations sans fondements», a-t-elle encore estimé.

Les autorités bélarusses et nombre de ses hauts responsables sont la cible de sanctions européennes du fait de la répression d’un vaste mouvement de contestation déclenchée en août 2020 par la réélection du président Alexandre Loukachenko.

La compagne de l’opposant bérarusse arrêtée avec lui à Minsk

La compagne du militant bélarusse Roman Protassevitch a été arrêtée avec lui à bord de l’avion Ryanair contraint par les autorités de ce pays d’atterrir à Minsk, a annoncé lundi l’université où elle suit ses cours.

Sofia Sapéga est étudiante en droit à l’Université européenne des sciences humaines (EHU) fondée à Minsk en 1992, mais contrainte par les autorités bélarusses de transférer ses activités en Lituanie voisine, depuis 2004.

Dans un communiqué, l’EHU a appelé à la libération immédiate de Sofia Sapéga, affirmant qu’elle avait été arrêtée dimanche à Minsk, pour des motifs «sans fondement et inventées», alors qu’elle avait pris l’avion pour défendre sa thèse de maîtrise.

À la suite d’une opération «menée par les autorités bélarusses, l’étudiante a été arrêtée», selon l’EHU qui a appelé à une «assistance consulaire immédiate».

Sofia Sapéga est citoyenne russe, précise le communiqué.

Vytaute Smaizyte, porte-parole du ministre lituanien des Affaires étrangères Vytautas Landsbergis, a confirmé à l’AFP que la compagne de Roman Protassevitch avait été arrêtée.

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