Vacances d’été : beaucoup de familles nivernaises sont encore dans l’incertitude

À un mois de l’été, la majorité des Nivernais s’impatientent de changer d’air, voyager, s’évader, s’oxygéner, même si leurs vacances, polluées par la pandémie de Covid-19, seront à nouveau différentes des précédentes.

« Nous sommes surtout contactés pour des séjours en France. Les gens ne veulent pas aller trop loin. Il y a de l’attentisme et peu de visibilité », constatait, au début du mois, Martine Barbier, la gérante de l’agence Voyages et nouveaux Horizons de Nevers (ex-Nevers Tourisme).

Une vingtaine d’appels quotidiens de clients potentiels y étaient reçus depuis quelques jours, à l’aube de la levée progressive des mesures de confinement. Quelques réservations fermes ont été enregistrées pour des destinations lointaines comme les Antilles, la Tunisie… avec toutes les incertitudes qu’entretient le virus. « Il faut compter avec les autres pays », poursuit-elle, allusion à la réouverture des frontières.

Pour les autres Nivernais, organisateurs de leurs propres vacances sans passer par une agence, le dépaysement est aussi en vue. Y goûteront-ils ?

« Important aussi de voir d’autres personnes »

Vaccinés contre le Covid-19, Gérard, un retraité de Brinon-sur-Beuvron, âgé de 70 ans, et sa femme, de cinq ans sa cadette et toujours en activité, ont réservé une villa à Banyuls-sur-Mer, depuis le début de l’année. Dans les Pyrénées-Orientales, si chères au cœur du Brinonnais, le couple y recevra ses enfants et petits-enfants pendant trois semaines. « Et si la situation sanitaire s’aggrave, nous nous adapterons, nous partirons plus tard », assure le septuagénaire. L’été dernier, les propriétaires de la résidence, « très arrangeants », avaient accepté le report de leur séjour en septembre à cause de la pandémie.

Balades à pied, baignades, farniente, repas au restaurant, incursions en Espagne… attendent la famille. « C’est important les vacances. Ma femme a besoin de décompresser. C’est important aussi de voir d’autres personnes », conclut Gérard, impatient de retrouver Banyuls-sur-Mer où il a passé sa jeunesse et où résident ses trois sœurs.

Caroline, 37 ans, son mari et ses deux enfants de 2 et 6 ans, une famille de Pougues-les-Eaux, auront deux options possibles : aller à Saint-Gilles-Croix-de-Vie (Vendée) ou Sète (Hérault) où résident les deux grands-mères des bambins. « Après avoir fait les tests PCR », précise d’emblée la jeune femme.

Personne n’est sûr de pouvoir faire des activités… Tout peut changer du jour au lendemain.

Caroline (37 ans, Pougues-les-Eaux)

Cette année, Caroline n’a pas pris le risque de prendre une location sur les bords de l’Atlantique ou de la Méditerranée, le Covid-19 perturbant tous les plans. « Personne n’est sûr de pouvoir faire des activités… Tout peut changer du jour au lendemain », résume-t-elle, inquiète de la situation sanitaire quand « tout le monde va être lâché dans la nature comme l’an dernier ». Après une année très éprouvante, la mère de famille reconnaît avoir « un grand besoin d’air ».

Marie-Hélène, une Neversoise de 63 ans, déclare qu’au regard du contexte sanitaire, les vacances « ne sont pas (sa) préoccupation actuelle ». Si elle profite de quelques jours de dépaysement, elle sait simplement qu’elle les passera en France.

Semi-retraité de Marzy, Jean-Claude, 68 ans, n’a « rien décidé ». Il part tous les ans et s’arrange pour louer tôt en Vendée ou en Charente-Maritime, ses deux destinations préférées. En partie à cause de la pandémie, il avoue ne pas songer actuellement à un quelconque départ pendant ses quinze jours de vacances d’août. « Dans ce contexte sanitaire, j’ai peur de ne pas pouvoir communiquer avec les autres, ni sortir comme je veux. » S’il reste dans la Nièvre, cet homme seul programmera « des petites sorties dans la région ».

Nous n’avons pas pris le risque de réserver une location pour annuler ensuite. Nous n’avons pas envie d’une annonce de reconfinement alors que le séjour est payé.

Alexandra (41 ans, Saincaize)

Inconditionnels du Morbihan et de la Vendée, Colette, 70 ans, et son mari, un couple de Nevers, réservent souvent leurs séjours d’été d’une année sur l’autre. Pas pour 2021, année de travaux dans leur maison et de Covid-19. Inquiète par la propagation du virus, la septuagénaire se demande « dans quelles conditions tout va rouvrir ». Si le couple se décide à s’offrir quelques jours ou semaines de dépaysement, « ce sera au dernier moment ».

Alexandra, 41 ans, son mari et ses deux filles de 3 et 14 ans jouent cette année la carte de la prudence. Selon cette habitante de Saincaize, trop d’incertitudes pèsent sur la saison estivale. Mais pas question de se priver de quelques jours de repos et de dépaysement bien mérités. Ils iront se ressourcer auprès de leur famille en Bretagne et/ou à Bordeaux. « Nous allons nous imposer », sourit la quadragénaire, en reconnaissant une énorme envie de se changer les idées loin du domicile. « Nous n’avons pas pris le risque de réserver une location pour annuler ensuite. Nous n’avons pas envie d’une annonce de reconfinement alors que le séjour est payé. Nous ne serions pas sûrs d’être remboursés. »

Cyrille, un Cosnois de 48 ans, part en vacances dans… la Nièvre

Cyrille, sa femme et leurs deux enfants, une famille de Cosne-sur-Loire, ont trouvé leur petit coin de paradis à Montsauche-Les Settons où ils passent leurs vacances en caravane, chaque été, depuis une quinzaine d’années. Le dépaysement dans son département. À 120 kilomètres de sa maison. À moins de deux heures de route. Loin des grandes plages surpeuplées de l’Océan Atlantique et de la mer Méditerranée.

« Nous avons trouvé un lieu qui nous plaît, le camping Plage des Settons. Le week-end de l’Ascension 2006, nous nous y sommes posés au hasard. Nous venions d’acquérir notre première caravane et nous voulions l’essayer. L’endroit, au bord du lac, nous a bien plu. C’est très calme. Le patron, David, est proche des campeurs. Au début, nous y passions une de nos deux semaines de vacances puis la seconde dans une autre région. Maintenant, nous y restons pendant les quinze jours », commente Cyrille, 48 ans.

« Les Pic des Settons »

Le Cosnois réserve le même emplacement d’une année sur l’autre. « On nous appelle les Pic des Settons », rigole-t-il, allusion au film Camping où ce couple de retraités – incarné par Mylène Demongeot et Claude Brasseur – occupe la même place sur le terrain depuis des décennies.

Cyrille et ses proches profitent ici de baignades dans une « piscine de trois cents hectares » à vingt-cinq mètres seulement de leur caravane. Ils se vident l’esprit lors de balades en canoë, en paddle, à vélo et à pied. Ils pêchent l’écrevisse dont le lac regorge. « Mille cinq cents l’an dernier ! », assure le père de famille. Ils visitent le Morvan, parcourent les brocantes…

Quand arrive le soir, le Cosnois savoure la quiétude de son camping. « Il n’y a pas d’animations, pas de bruit », apprécie-t-il. « Mais cela ne veut pas dire que tout le monde est déjà couché. »

Ludovic Pillevesse
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