Genève – Qualifié de «monstre», le SDF finlandais nie en bloc

Malgré un «deuil impossible», la famille d’une jeune médecin tuée dans son appartement en 2018, espère que le procès qui s’est ouvert jeudi «fermera cette porte judiciaire qui verse du sel sur une blessure béante depuis 3 ans et deux mois».

Le prévenu est resté impassible à l’évocation de «ce monstre», accusé d’avoir séquestré, violé et torturé pendant des heures, avant d’étrangler à mort la Genevoise de 26 ans. Et pour cause, persuadé que des individus ont usurpé son identité, ce schizophrène finlandais de 34 ans a nié son implication. Il a interrompu à plusieurs reprises le cours de l’audience, demandant que l’auteur des faits soit retrouvé.

Pour le procureur général, Olivier Jornot, le doute n’est pas permis. «La scène de crime désigne une seule personne. L’ADN retrouvé sur la victime et dans son appartement, les empreintes de chaussure, les griffures sur le visage du prévenu… Tous les indices l’accusent.» Aux yeux de la défense, l’incapacité du SDF à admettre les faits est une preuve supplémentaire de sa démence. «Prisonnier de sa maladie», il était «en plein délire» au moment du drame, a martelé son avocat, plaidant l’acquittement. Mais le Ministère public n’y croit pas. «L’expertise est claire. Derrière la maladie, il y a quelqu’un capable de penser, planifier, exécuter et justifier ses actes.» S’il admet une responsabilité restreinte, le procureur estime que le prévenu savait qu’il avait commis un crime. Il a requis 7 ans de prison ferme avec internement. La justice tranchera vendredi.

«Torturée durant des heures»

Pour comprendre l’ampleur de l’horreur vécue par la doctoresse, l’avocat de ses parents a appelé le Tribunal à «mesurer l’écoulement lent du temps», à l’occasion d’une minute de silence durant sa plaidoirie. Selon l’acte d’accusation, la victime a vécu un enfer d’au moins trois heures et demie avant d’être étranglée à mort vers 23h30 à son domicile le 13 mars 2018. Après une journée de travail, elle est rentrée chez elle, à Plainpalais, en tram. C’est là que le calvaire a débuté. Si la manière dont est entré l’agresseur reste un mystère, les experts ont établi qu’il avait frappé à de nombreuses reprises et torturé la jeune femme, exerçant «en alternance, des phases de strangulation et de relâchement». Elle aurait également subi un viol de son vivant et post mortem. L’accusé arrêté le lendemain des faits dans l’immeuble de la Genevoise est en détention préventive depuis. Arrivé le jour même à Genève, il aurait agi sans motif apparent et au hasard.

Articles similaires

Commentaires

Les plus populaires