Bachar al-Assad réélu sans surprise pour un quatrième mandat

Le président syrien Bachar al-Assad, le 11 février 2016 à Damas lors d’une interview exclusive avec l’AFP — JOSEPH EID AFP

Le président syrien Bachar al-Assad a été réélu avec 95,1 % des voix, a annoncé jeudi le président du Parlement. 
Les deux autres candidats qui se présentaient face à lui, Abdallah Salloum Abdallah, ex-ministre et parlementaire, et Mahmoud Mareï, membre de l’opposition tolérée par le pouvoir, ont obtenu respectivement 1,5 % et 3,3 % de voix.

Dans un pays ravagé depuis 2011 par la guerre, 14,2 millions de personnes ont participé au scrutin, sur les 18,1 millions appelés théoriquement à voter, soit un taux de participation de 76,64 % selon le président du Parlement. L’élection s’est déroulée dans les zones contrôlées par le régime, soit deux-tiers du territoire, et dans certaines ambassades syriennes à l’étranger.

Il s’agit de la deuxième présidentielle en Syrie depuis le début en 2011 d’une guerre complexe ayant fait plus de 388.000 morts. En 2014, Bachar al-Assad avait obtenu plus de 88 % des voix selon les résultats officiels. Les Occidentaux ont qualifié l’élection de « ni libre ni juste » et l’opposition a dénoncé une « mascarade ».

Bachar, l’unique architecte de la reconstruction

Le président syrien est un autocrate froid et endurci par le conflit qui déchire son pays depuis plus de dix ans, le plus meurtrier depuis le début de ce siècle. Même au pic de la guerre civile, il est resté imperturbable, convaincu de sa capacité à écraser une rébellion qu’il dénonce comme étant « terroriste » et le produit d’« un complot » ourdi par des pays ennemis pour le renverser.

En plus de dix ans de guerre ayant fait plus 388.000 morts, il ne fait pas de concession sur le partage du pouvoir, confirmant son caractère intraitable.

Sa victoire à la présidentielle de mercredi, scrutin largement critiqué par les pays occidentaux, constitue un nouveau revers pour l’opposition. Avec sa campagne intitulée « L’espoir par le travail », Bachar al-Assad a voulu s’imposer comme l’unique architecte d’une reconstruction dont le pays a désespérément besoin.

« L’ancien et le prochain président de la Syrie »

Bachar al-Assad « a réussi à se rendre indispensable. En politique, il est important de savoir comment rebattre les cartes et il a su maîtriser le jeu », affirme un journaliste sous couvert d’anonymat. Père de deux garçons et d’une fille, il n’a pas beaucoup changé ses habitudes quotidiennes durant la guerre, selon ses proches. Il « suit parfois lui-même les leçons de ses enfants, et insiste pour une relation directe avec eux », affirme le journaliste l’ayant maintes fois rencontré.

Désormais, il cherche à renvoyer l’image d’un homme d’Etat moderne, travailleur et projeté vers l’avenir. Des photos le montrent travaillant dans son bureau, participant à une campagne de reboisement, visitant une usine ou encore posant avec des soldats en première ligne.

« Assad est sur le point d’être l’ancien et le prochain président de la Syrie », résume Nicholas Heras du Newlines Institute à Washington. Il fait tout, ainsi que ses alliés, « pour imposer cette réalité ».

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