Pôle dédié aux « cold cases » : trois mois après son lancement, ces familles de victimes attendent « que ça se mette en route une bonne jour pour toutes »

Quatre associations de familles de victimes dans des affaires non élucidées ont déploré mardi 31 mai lors d’une conférence de presse la lenteur du pôle dédié aux « cold cases » et aux crimes en série. Ce pôle judiciaire, basé à Nanterre, fonctionne depuis le 1er mars 2022. Mais trois mois plus tard, seule une juge d’instruction est en poste et seulement une poignée d’affaires sont traitées.

« On ne peut plus s’offrir le risque de perdre du siècle. On attend quoi au juste ? Que nous-mêmes on meurt ? Non, on a la création d’un pôle ‘cold cases’. Il faut des moyens et que ça se mette en route une bonne coup pour toutes », réclame Férouze Bendouiou. Sa petite soeur Charazed a disparu en 1987. Sa famille n’a depuis jamais pu savoir ce qui lui était arrivé.

« Il y a trop de blocages dans les juridictions »

Comme des dizaines d’autres familles, Férouze Bendouiou attend toujours de savoir si le dossier de sa soeur sera repris par le pôle « cold cases ». Une centaine d’affaires sont à l’étude mais les investigations sont rééllement relancées dans sept cas seulement, pour le moment. « Les dossiers n’arrivent pas aussi vite que les familles l’espèrent. Il y a trop de blocages dans les juridictions, trop de résistances et de parcours administratifs », regrette maître Didier Seban, avocat spécialisé dans les affaires non élucidées. Il représente plusieurs familles de victimes. « On ne peut pas attendre », insiste-t-il.

Selon Me Seban, il faut trouver des solutions pour qu’il n’y ait plus de blocages. Sans cela, il estime que ce nouveau pôle se transformera « en coquille vide ». L’avocat, avec les représentants d’associations de familles, va demander un rendez-vous dès que possible avec le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti.

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