Macron dans le Lot pour prendre la température de la France post-Covid

Emmanuel Macron est attendu mercredi dans le Lot, dans les villages touristiques de Saint-Cirq-Lapopie et de Martel puis à Cahors, pour commencer à prendre la température de la France post-Covid, avant de tracer le cap de la fin de son quinquennat.

Le chef de l’Etat, qui doit arriver en fin d’après-midi, doit passer deux jours dans ce département qu’il affectionne. Il compte y évoquer les difficultés du secteur touristique, très touché par la pandémie, mais aussi écouter les doléances des Français, à trois semaines des élections régionales et à moins d’un an de la présidentielle.

Ses opposants y voient d’ailleurs des arrières-pensées électorales. « Acceptons l’idée qu’il est en campagne présidentielle », a déclaré le député LFI Alexis Corbière sur Public Sénat, tandis que la présidente d’Ile-de-France Valérie Pécresse (ex-LR) se dit « choquée » par le fait que « ce tour de France commence à trois semaines d’une élection et pendant la période de réserve politique ».

« Si aller écouter les citoyens c’est être en campagne, alors il est en campagne depuis le début de son quinquennat », a répliqué l’eurodéputé LREM Stéphane Séjourné sur France Inter.

Ce déplacement est la première étape d’un tour de France grâce auquel Emmanuel Macron veut renouer un dialogue direct avec les Français, après 14 mois d’une pandémie qui l’a obligé à limiter ses déplacements au strict minimum.

« Dès le début du mois de juin, grâce au retour à une vie aussi normale que possible, je veux reprendre mon bâton de pèlerin et aller dans les territoires pour prendre le pouls du pays, aller au contact », avait-il annoncé à la presse régionale le 29 avril.

Il devrait ainsi effectuer en juin-juillet une dizaine de déplacements, parfois en « immersion » pendant plusieurs jours. Il prendra le temps d’écouter plutôt que s’exprimer, selon son entourage.

Cette tournée s’inscrit dans la lignée de la « Grande Marche » de son mouvement en 2017, de son « itinérance » dans l’Est et le Nord en 2018 et du Grand débat qui avait suivi l’épisode des « gilets jaunes » en 2019.

A l’issue de l’exercice, dans la première quinzaine de juillet, le chef de l’Etat pourrait s’exprimer sur le cap qu’il compte fixer aux dix derniers mois de son quinquennat.

Parmi les sujets qui restent à trancher figurent notamment le lancement de réformes à long terme, comme celle des retraites et de la dépendance, ainsi que la création d’une garantie jeune universelle pour aider les 18-25 ans.

– « Comprendre ce qui est accepté » –

Il commencera par rencontrer des habitants de Saint-Cirq-Lapopie mercredi soir, puis de Martel jeudi matin dans la salle des fêtes, suivi d’un déjeuner sur place. Il terminera par la préfecture de Cahors, où il rencontrera des élus.

Un département qu’il « aime particulièrement », en particulier Saint-Cirq-Lapopie, village surplombant le Lot et l’un des plus beaux de France, et représente à ses yeux l’exemple d’une « ruralité heureuse » mêlant reconquête industrielle, tourisme et racines historiques, comme il l’a expliqué à la revue Zadig.

Il y citait le poète André Breton, qui s’y était installé et disait « J’ai cessé de me désirer ailleurs ».

Mais le Lot, où il s’était rendu durant le Grand débat, rencontrant 600 maires à Souillac, est aussi pour le président l’un de ces lieux « qui permettent de comprendre ce qui est accepté en France et ce qui ne l’est pas ».

Un test donc pour ses envies de réformes, qui divisent son entourage entre partisans du mouvement et de « l’apaisement ».

Fin connaisseur de la carte électorale, Emmanuel Macron ne pourra éviter d’aborder la question des régionales des 20 et 27 juin, dans une région où le Rassemblement national a progressé ces dernières années.

En Occitanie, la liste RN de Jean-Paul Garraud est donnée favorite au 1er tour avec 30% des voix, devant la présidente sortante PS Carole Delga (26%), suivie de la liste LR d’Aurélien Pradié (14%) et de celle du LREM Vincent Terrail-Novès avec 13%, selon un sondage Ifop paru jeudi pour La Tribune et Europe 1. Mais Carole Delga pourrait l’emporter au second tour grâce à une fusion avec les Verts menés par Antoine Maurice (10%).

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